Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’intervention d’un électricien qualifié. Les travaux électriques présentent des risques graves (électrocution, incendie). Respectez la norme NF C 15-100 et faites contrôler votre installation par le Consuel.
L’essentiel en 30 secondes
- La norme NF C 15-100 encadre toutes les installations neuves et impose des protections différentielles 30mA
- Comptez 3 à 4 semaines pour une maison neuve de 100m², de l’étude au passage CONSUEL
- Entre 20 et 35% des incendies domestiques ont une origine électrique selon l’ONSE
- Budget neuf : 100 à 150€/m² tout compris, rénovation : +50% en moyenne
- Le taux de refus CONSUEL reste élevé sur les chantiers mal préparés
Ce qui distingue une installation conforme d’un bricolage à risques
Soyons clairs. Une installation « qui fonctionne » n’est pas forcément une installation sûre. Sur les chantiers où j’interviens en Île-de-France Sud, je croise régulièrement des tableaux bricolés qui alimentent correctement les prises. Mais sans protection adaptée. Sans terre. Sans respect des sections de câbles. Ça marche. Jusqu’au jour où ça ne marche plus.
Risques réels d’une installation non conforme
Selon le baromètre 2024 de l’ONSE, entre 20 et 35% des incendies d’habitation sont d’origine électrique. Chaque année, 30 à 40 personnes décèdent par électrocution en France. Ce ne sont pas des statistiques abstraites. J’ai vu des familles relogées en urgence après un départ de feu sur un tableau vétuste.
La norme NF C 15-100 fixe les règles du jeu. Elle impose des protections différentielles 30mA sur tous les circuits pour couper instantanément en cas de fuite de courant. Elle définit les sections de câbles selon les usages : 1,5mm² pour l’éclairage, 2,5mm² pour les prises courantes, 6mm² pour les plaques de cuisson. Ces valeurs ne sont pas négociables.
La connexion à la terre et la protection des canalisations contre les chocs sont des exigences fondamentales. Sans ces éléments, votre installation ne passera jamais le contrôle CONSUEL. Et sans attestation CONSUEL, pas de mise sous tension légale par Enedis.
Franchement, la norme peut sembler complexe vue de l’extérieur. Mais sur le terrain, elle se résume à quelques principes : protéger les personnes, dimensionner correctement, documenter l’installation. Le reste, c’est de la technique que votre électricien maîtrise.
Les 6 étapes d’une installation électrique réussie (neuf et rénovation)
Quand un client me demande combien de temps prend une installation complète, je réponds toujours la même chose : ça dépend de la préparation. Un chantier bien préparé, c’est trois semaines. Un chantier improvisé, c’est deux mois. Voici la chronologie que je suis sur une maison neuve de 100m² en Essonne.
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Validation schéma unifilaire avec client et architecte -
Passage câbles après pose cloisons (avant placo) -
Installation tableau et raccordements principaux -
Pose appareillages (prises, interrupteurs) -
Autocontrôle et tests différentiels -
Attestation CONSUEL reçue si conforme
Phase préparatoire : schéma, dimensionnement et choix du matériel
Je recommande toujours de faire valider le schéma unifilaire AVANT de passer les câbles. Voici pourquoi. Un schéma modifié en cours de chantier, c’est des saignées à refaire, des gaines à rallonger, du temps perdu. Le schéma unifilaire, c’est le plan de bataille. Il indique chaque circuit, sa protection, sa section de câble, son point de départ et d’arrivée.
Le dimensionnement de la puissance vient ensuite. Pour une maison individuelle, je compte généralement 9 kVA en monophasé. C’est suffisant pour la plupart des usages. Si vous prévoyez une borne de recharge ou une pompe à chaleur, passez en 12 kVA minimum. Cette liste n’est pas exhaustive ; discutez avec votre électricien de vos équipements spécifiques.
Le choix du matériel impacte directement le budget. Entre un tableau premier prix et un tableau modulaire évolutif, la différence tourne autour de 200 à 400€. Sur une installation complète, c’est marginal. Mon conseil : ne lésinez pas sur le tableau. C’est le cœur de votre installation.
Phase exécution : passage câbles, pose tableau et appareillages
La coordination avec le plaquiste est critique. Sur un chantier neuf, je passe les câbles APRÈS la pose des cloisons métalliques, AVANT la fermeture au placo. Ce créneau dure rarement plus de trois jours. Si vous le ratez, c’est saignées dans les murs finis. Comptez 500 à 800€ de surcoût sur une maison de 100m².

L’installation du tableau suit un ordre précis. D’abord le coffret dans l’espace technique (ETEL). Puis le raccordement du disjoncteur de branchement. Ensuite les interrupteurs différentiels 30mA. Enfin les disjoncteurs divisionnaires pour chaque circuit. Le câblage doit être propre, les fils repérés, les connexions serrées.
Pour la pose des appareillages, j’interviens généralement après les finitions peinture. Prises, interrupteurs, points lumineux. C’est la partie visible de l’installation. Elle dure un à deux jours sur une maison standard.
Phase validation : autocontrôle et passage Consuel
Avant de demander le passage CONSUEL, je réalise systématiquement un autocontrôle complet. Test de chaque différentiel. Vérification de la continuité de terre. Mesure de la résistance d’isolement. Ces tests prennent une demi-journée mais évitent les mauvaises surprises.
Depuis janvier 2025, la procédure CONSUEL s’est simplifiée. L’organisme transmet directement l’attestation au gestionnaire de réseau par voie électronique. Délai après visa : 1 à 2 jours ouvrés. Plus besoin de courir après un papier physique.
Le dossier CONSUEL comprend l’attestation achetée et remplie, le schéma unifilaire, et les références du chantier. L’attestation jaune concerne les installations domestiques. Comptez environ 130 à 180€ selon les régions.
Les 5 erreurs qui font échouer au Consuel (et comment les éviter)
Dans ma pratique à Étampes, l’erreur que je rencontre le plus souvent concerne le sous-dimensionnement des câbles alimentant les prises de cuisine. Sur les chantiers où j’interviens en reprise, cette non-conformité entraîne un refus CONSUEL et 2 à 5 jours de travaux supplémentaires. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention en Essonne et peut varier selon le type de bâtiment et l’expérience de l’installateur initial.

Voici les cinq causes de refus que je constate régulièrement sur le terrain. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle couvre 80% des problèmes rencontrés.
Points à vérifier avant le passage CONSUEL
- Continuité de la liaison équipotentielle principale : tous les éléments métalliques reliés à la terre
- Protection différentielle 30mA fonctionnelle sur chaque interrupteur différentiel
- Section de câbles conforme : 2,5mm² minimum pour les circuits prises
- Circuits spécialisés dédiés : lave-linge, four, plaque de cuisson avec leur propre protection
- Schéma unifilaire à jour et lisible, correspondant à l’installation réelle
Je me souviens d’un cas traité en 2023. La famille Mercier, un couple trentenaire avec deux enfants, venait d’acheter un pavillon des années 70 à Étampes. L’installation était vétuste : fils en tissu, absence de terre sur 80% des circuits, fusibles porcelaine. Première visite CONSUEL refusée pour défaut de continuité de terre. J’ai dû reprendre complètement la liaison équipotentielle. Validation en deuxième visite, dix jours plus tard. Dix jours de retard sur l’emménagement.
Pour éviter ce type de situation, faites appel à un spécialiste en électricité courant fort capable de vous accompagner de l’étude jusqu’à la validation CONSUEL. L’investissement dans un professionnel qualifié se rentabilise dès le premier contrôle réussi.
Neuf vs rénovation : ce qui change vraiment
C’est la confusion la plus fréquente chez mes clients. En construction neuve, la totalité de l’installation doit respecter la norme NF C 15-100 en vigueur. Point final. En rénovation, c’est plus nuancé. Si vous ne touchez pas à l’installation existante, pas d’obligation de mise aux normes complète. Mais dès que vous modifiez un circuit, cette partie doit être conforme.
La comparaison ci-dessous récapitule les principales différences que je constate sur mes chantiers en Île-de-France.
| Critère | Construction neuve | Rénovation |
|---|---|---|
| Conformité NF C 15-100 | Intégrale obligatoire | Sur parties modifiées uniquement |
| Coût moyen 100m² | 10 000€ à 15 000€ | 13 000€ à 22 000€ |
| TVA applicable | 20% | 10% (si logement > 2 ans) |
| Passage CONSUEL | Obligatoire avant raccordement | Obligatoire si nouveau raccordement |
| Délai moyen | 3-4 semaines | 4-6 semaines |
Selon Travaux.com, le coût d’une installation électrique neuve oscille entre 100 et 150€ par m² tout compris en 2026. La rénovation complète coûte environ 50% de plus, principalement à cause des contraintes liées à l’existant : saignées dans les murs, dépose de l’ancien, reprises diverses.
En rénovation, la vraie difficulté concerne la section des fils existants. Dans les pavillons des années 60-70, je trouve souvent du 1,5mm² sur des circuits prises. C’est insuffisant selon la norme actuelle. Mais si vous ne touchez pas à ces circuits, pas d’obligation légale de les refaire. Mon conseil : profitez de la rénovation pour tout mettre aux normes. Ça coûte plus cher maintenant, ça évite les problèmes plus tard.
Questions fréquentes sur l’installation électrique
Puis-je réaliser mon installation électrique moi-même ?
Légalement, oui. Un particulier peut réaliser l’installation électrique de son propre logement. Mais il reste responsable de la conformité et devra obtenir l’attestation CONSUEL. En pratique, je déconseille fortement le DIY complet. Les erreurs sont coûteuses à corriger et les risques réels. Si vous souhaitez participer, limitez-vous aux travaux préparatoires (saignées, passage gaines) et confiez le câblage technique à un professionnel.
Combien de temps pour obtenir le CONSUEL après la visite ?
Depuis 2025, le CONSUEL transmet l’attestation directement au gestionnaire de réseau sous 1 à 2 jours ouvrés après le visa. Le délai total entre la demande de visite et la mise sous tension dépend de la charge de l’organisme dans votre région. Comptez 5 à 10 jours ouvrés en moyenne en Île-de-France.
Quelles garanties demander à mon électricien ?
Exigez trois documents avant de signer : attestation d’assurance décennale en cours de validité, qualification professionnelle (Qualifelec ou équivalent), et engagement écrit sur la conformité NF C 15-100. Un électricien sérieux fournit ces éléments sans difficulté. Si vous souhaitez approfondir les caractéristiques techniques, consultez les éléments essentiels d’une installation électrique performante.
La norme NF C 15-100 change-t-elle souvent ?
Elle évolue régulièrement pour intégrer les nouveaux usages (bornes de recharge, domotique). La dernière révision majeure date d’août 2024 avec la série NF C 15-100-X. L’ancienne version reste en vigueur jusqu’en août 2025. Les principales nouveautés concernent les dispositifs différentiels type F pour les variateurs et les exigences renforcées pour les installations de recharge véhicules électriques.
Comment estimer le budget de mon installation ?
Pour une estimation fiable, multipliez votre surface habitable par 100-150€ en neuf, ou 150-220€ en rénovation complète. Ces fourchettes incluent fourniture et pose, hors chauffage électrique. Pour un budget personnalisé, demandez un devis électricité maison complet détaillant chaque poste.
La prochaine étape pour vous
Ce qu’il faut retenir
- Faites valider votre schéma unifilaire avant de commencer les travaux
- Vérifiez systématiquement les cinq points de la checklist pré-CONSUEL
- En rénovation, profitez des travaux pour mettre toute l’installation aux normes
Si vous ne devez retenir qu’une chose de ce guide, c’est celle-ci : la réussite au CONSUEL se joue avant le premier coup de perceuse. Un schéma validé, un électricien qualifié, une coordination avec les autres corps de métier. Le reste suit naturellement.
Limites et précautions
- Ce guide ne remplace pas l’expertise d’un électricien certifié pour votre situation spécifique
- Les coûts et délais mentionnés sont des moyennes constatées en 2025 et varient selon la région et la complexité du chantier
- La norme NF C 15-100 évolue régulièrement ; vérifiez la version en vigueur
Risques à ne pas ignorer : électrocution mortelle si intervention sur circuit sous tension, incendie si section de câbles inadaptée, refus CONSUEL si non-conformité entraînant impossibilité de mise sous tension légale.
Pour toute intervention, consultez un électricien certifié Qualifelec ou un bureau de contrôle agréé.

